AVANT, je voulais être maman à tout prix MAINTENANT, je suis beaucoup plus que ça. – Maryef.P

Je vous ai parlé la semaine passée de ma relation avec l’ex de mon chum. La raison principale du fait que j’ai une relation avec cette femme, c’est que mon conjoint et cette Ex se partagent un être humain. Cet être humain, que l’on appelle « un enfant », est entré dans ma vie alors que j’avais seulement 23 ans, que je n’avais pas d’enfant et surtout, je n’avais aucune idée de ce que c’était d’éduquer celui de quelqu’un d’autre.

Quand j’ai rencontré mon conjoint et qu’il m’a dit qu’il avait un enfant, bizarrement je n’ai pas tellement réagi. Pas que c’était un détail, mais en même temps, puisque je n’avais aucune idée de ce qu’allait donner notre relation, je n’ai pas stické là-dessus.

Quand j’ai rencontré son enfant pour la première fois, ça vraiment bien été. Du haut de ses 5 ans, j’ai eu droit à des câlins, une démonstration complète de sa collection de cossins, des histoires rocambolesques et des questions assez directes et parfois difficiles à répondre (du genre; lequel t’aime mieux, avoir une peau de lézard ou des pattes de poules?) Donc, une rencontre parfaite. Jusqu’au jour où l’enfant a compris que j’étais là pour rester et qu’il allait déménager chez moi avec papa.

J’ai bien pris soin de faire sa chambre pour que la transition se fasse le mieux possible. L’adaptation a été assez intense. J’étais habitué de dormir, de manger, de sortir et ce, quand je le voulais. Non seulement ce n’était plus le cas, mais en plus, la raison pour laquelle je ne pouvais plus dormir ne m’appartenait pas. Ça peut-être l’air intense, dit comme ça. J’en conviens. Mais là, je vous préviens, j’vais ne pas porter de gants blancs et oui, j’vais probablement vous choquer ou vous déranger. Pour la simple et bonne raison que les personnes qui vivent ça le vivent probablement de cette façon-là aussi, mais ils ne peuvent pas vous le dire, parce que ça vous choque (notez le cercle vicieux ici).

Ce n’est pas facile d’avoir quelqu’un de nouveau dans sa vie. Que ce soit un nouveau coloc, un nouvel amoureux ou une nouvelle amoureuse. Le jour où mon conjoint est arrivé, c’était cool! Son enfant était content d’enfin avoir une chambre, un lit. On a mangé de la pizza assit par terre, on s’est couché tard et en plus, je lui ai donné une télé dans sa chambre qui a créer un « WOW! MA-LA-DE » qui m’a ému. Mais arriva l’inévitable; le lendemain matin. 5h15 a.m. « Paaapaaaa??? » Et papa de répondre : « Viens t’en ». Et, il me pousse au plus rebord du rebord du lit pour que 5 ans puisse se coucher, lever les pieds dans les airs, essayer de chatouiller papa, faire semblant de ronfler… Et papa? Il dormait, lui. Et moi, sur le dos, un bras et une jambe en dehors du lit, je me dis « Qu’est-ce que je fais là? ».

S’ensuivent plein d’autres situations du genre, qui à chaque fois me fait demander si je suis vraiment prête à ça. Est-ce que j’aime mon chum à ce point-là? Bon, on va laisser le temps aller… on va s’adapter.

Et vient le temps des vacances d’école… ET de la saison forte de mon conjoint. Du haut de mon emploi temps partiel, j’ai hérité du rôle de gardienne. Papa passait plus de 60 heures par semaine au travail et moi, moins de 5 heures de sommeil par nuit. Pas que 5 ans se réveillait, non. Mon insomnie était causée par toutes les questions du genre
« pourquoi j’accepte ça? » « pourquoi c’est moi qui m’occupe d’un enfant qui n’est pas le mien? ». Sachez et n’oubliez pas que ce n’est pas directement contre l’enfant, jamais. C’était la situation que je ne contrôlais plus. Au point où, le matin, JE me levais pour faire le déjeuner, alors que papa dormait puisqu’il avait eu une dure semaine. Bien que j’avais un job à temps partiel, j’avais tout de même la responsabilité d’aller porter/chercher l’enfant chez grand-maman, les jours où je travaillais. J’organisais mon horaire en fonction que j’avais un enfant alors que mon conjoint n’organisait rien du tout. Bien beau de dire « tu le sais que ton chum avait un enfant, ça vient avec, assume », mais je ne pensais pas me coucher un soir seule et me réveiller le lendemain avec un conjoint fantôme et un enfant adoptif. Ça été trop vite, dans un mauvais timing.

J’ai pensé laisser tomber. J’en ai même douté à avoir des enfants un jour, pensant que le fait que je sois autant exaspérée prouvait que je n’avais pas la « fibre maternelle ». J’ai cru que je n’étais pas faite pour vivre avec un enfant, point. J’suis entré dans sa petite chambre, constatant le méga bordel -alors que j’avais précisément demandé 20 fois de ramasser avant de retourner chez maman – que je me suis mise à pleurer tout en ramassant. Je pliais le linge en me disant que s’en était assez, je ne pouvais pas, c’était trop. Déjà que je devais m’adapter à la nouvelle relation avec mon chum, je devais aussi jouer le rôle de la belle-mère et ça, visiblement,  je ne l’avais pas.

Et là, dans le tas de feuille qui trainait, j’ai vu un dessin. Un dessin qui représentait 3 personnages. Clairement, celle qui avait des cheveux rouges jusqu’au sol me représentait, considérant qu’il y avait un mini-personnage à sa gauche et un grand personnage à sa droite. Ce qui a le plus attiré mon attention, c’est que le mini-personnage tenait la main du bonhomme aux cheveux rouges. Et là, j’suis sortie de moi-même. Ça été, jusqu’à ce jour, le moment où je me suis le plus détesté de ma vie.

En sortant de mon nombril, j’ai vu un enfant de 5 ans qui déménage avec son père et une inconnue que son père l’obligeait d’aimer. Non seulement, on le forçait à aimer cette femme, mais en plus, il devait passer TOUT son temps avec elle. Sans réelle transition, sans explications. J’ai vu un enfant de 5 ans à qui on disait ‘’tu t’en vas chez papa’’, mais qu’il croisait papa quelques heures dans toute sa semaine. Manque d’amour, d’écoute, de compréhension, d’adaptation, que l’on oubli derrière le mot enfant. J’ai vu qu’au bout du compte, ce que je vivais c’était rien comparé à ce qu’on faisait vivre à un marmot qui connaît seulement 5 ans de vie.

Dès la semaine suivante, l’ambiance s’est transformée. J’ai exigé une rencontre à 3 et non seulement j’ai exprimé mon inconfort, mais j’ai laissé presque toute la place à cet enfant de 5 ans que l’on écoutait trop peu. Pour la première fois, mon conjoint est débarqué de lui-même aussi, entendant la version de son enfant. La question que j’ai posée à cet enfant a été très simple, mais la réponse a été l’effet d’une bombe qui a duré plus de 30 minutes.

« Raconte-nous, c’est quoi ta vie? »

Aujourd’hui, cet enfant de 5 ans en aura bientôt 10.

Chaque semaine, je lui demande à quoi ressemble sa vie.

Par chance, il n’y a pas une fois où le mot Amour n’est pas prononcé dans son récit, et c’est tout ce que je veux entendre.

De mon côté, j’aime cet enfant d’une façon spéciale. Cet enfant m’a fait sortir de mon ego, sortir de ma coquille et de ma prison du je-me-moi. Cet enfant a détruit un mur que j’avais autour du cœur et m’a appris un type d’amour unique et ô combien enrichissant. Cet enfant m’a expliqué, à seulement 5 ans, que l’amour avait plus d’une couleur et le sien, pour moi, était représenté par de longs cheveux rouges.

Auteure : Maryef.P
*Crédit photo : Maryef.P

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s